Mercy Thompson, tome 1 : L’Appel de la Lune de Patricia Briggs

Mercy Thompson, tome 1 : L’Appel de la Lune | Patricia Briggs

Édition Milady | 2008 | 374 pages

Résumé

« Les loups-garous peuvent être dangereux si vous vous mettez en travers de leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine. »

En effet, Mercy Thompson n’est pas une fille des plus banales.
Mécanicienne dans le Montana, c’est une dure à cuire qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis et à sortir les griffes quand le danger frappe à sa porte.
Mais ce n’est pas tout : son voisin très sexy est le chef de meute d’une bande de loups-garous, le minibus qu’elle bricole en ce moment appartient à un vampire, et la vieille dame très digne qui lui rend visite vient jeter des sorts sur son garage.
Au cœur de ce monde des créatures de la nuit, Mercy se trouve mêlée à une délicate affaire de meurtre et d’enlèvement…

2 jours pour faire des thunes de Hamid Jemaï

Titre: 2 jours pour faire des thunes | Auteur: Hamid Jemaï

Editions Sarbacane | 2011 | 197 pages

4ième de couverture

Nom : Micklo. Age : 23 ans. Situation générale : Glandeur, Flambeur, Farceur. Situation particulière : dans le mouise jusqu’au cou !. Ennemi : Mr Goulag, mafieux 100 % Russe. Alliés : les  » tontons « , gitans jusqu’aux dents. Au programme : braquages, courses-poursuites, matchs de boxe. En bande-son : Ennion Morricone, Mc Jean Gab’1, Massive Attack. En toile de fond : Pulp Fiction, Casino, Snatch.  »

J’avais 200 euros en poche en entrant dans ce maudit cercle de jeu.

J’en suis ressorti 15 heures après, avec un début de cirrhose, une moitié de cerveau et une ardoise de 20 000 « .

Mon avis

Tout d’abord, merci au forum Club de Lecture et aux éditions Sarbacane du partenariat et de l’envoi de ce livre.

Le nouveau site

 C’était le 25 février dernier que je débutais le projet « Les hommes littéraires ». C’est à dire, presque un an. Personnellement, ce fut une année rocambolesque. Comme vous pourrez le constater, j’ai initié le projet et je me suis sauvé, je n’ai écrit qu’un seul texte.

J’ai une relation amour/haine avec la lecture. Je dois admettre que la littérature a toujours été là pour moi, pour m’appuyer quand ça n’allait pas. De mon côté, je l’ai laissé tomber beaucoup trop souvent, comme une jolie amie qui pardonne tous nos écarts et qui nous reprend lorsqu’on revient penaud, la queue sous le bras. La littérature est une dame séduisante, douce et compréhensive qui aime sans rien demander en retour.

Le projet connaît aujourd’hui sa deuxième naissance. Une complète refonte et un tout nouveau nom pour lui permettre une visibilité accrue et un professionnalisme. Bien que le design évoluera et s’embellira, vous pourrez constater une nette amélioration. L’objectif du site est simple : « Donner notre avis sur nos lectures ». Par contre, c’est peut-être un peu plus que ça. Nous avons une grande gueule, nous provoquons, soit, mais nous avons aussi une sensibilité qui nous est spécifique, différente. Les femmes, elles, lisent et chroniquent abondamment sur la toile. Les hommes se font plus discrets.

Raymond Radiguet, «Le diable au corps», et moi…

Vous me connaissez… Je vais rarement vers les livres. C’est eux, plutôt, qui viennent à moi. Et par un effet presque miraculeux… Comme une opération du Saint-Esprit… Des anges infléchissant mon destin.

Cet ouvrage-ci, Le diable au corps, aura longtemps figuré dans ma bibliothèque familiale. Et en bonne place. Dixième volume d’une collection lancée par un grand journal… Souvent, je parcourais sa quatrième de couverture ; «Amour d’un adolescent pour une femme mûre, dont le mari se bat à la guerre de 14.» J’aimais aussi relire la notice biographique, tant elle ne laissait de m’intriguer : «Raymond Radiguet, né en 1903, mort à vingt ans.» Moi j’en avais alors dix-huit. Et déjà je m’étais engagé pour le front des mots…

Par un beau jour d’été, cependant, ce petit livre disparut… C’était ma sœur, m’apprit-on, qui l’avait emprunté ; l’ayant soi-disant pris en voyage, sans doute attirée par son thème sulfureux… «Amour d’un adolescent pour une femme mûre…» Dire que je ne l’avais pas lu au-delà. «Raymond Radiguet, mort à vingt ans.» Je devais me rappeler cette phrase, de longues années durant ; mais sans plus en revoir la couleur. Car le roman ne revint pas. Nous crûmes même, un moment, qu’il était perdu… Cet auteur éphémère – au visage mystérieux, à la destinée tragique – me filait entre les doigts.

Lettres à Yves…

Lettres à Yves de Pierre Bergé

Succession de lettres, de dates, de moments, de douceur, de sensibilité, d’histoire. Pierre Bergé a réussi à travers cette correspondance posthume tenue pendant un an, à faire vivre et revivre encore Yves-Saint-Laurent. Tout en retenue et en tendresse, mais aussi en vérité. Pierre Bergé ne cache rien de sa relation, ni des tensions de son couple. Il a choisi l’authenticité. Il y confesse aussi certaines choses qu’il avait préférées gardées pour lui afin ne pas affecter Yves. Ce livre est beau comme l’était et le sera toujours Yves  Saint-Laurent.

«Le conteur et l’imaginaire» par Pépito Matéo

C’est le titre et la quatrième de couverture qui m’ont attiré… Jugez plutôt : «Fort de plus de vingt ans d’expérience et de vingt cinq ans de scène, Pépito Matéo nous livre une réflexion théorique simple, jalonnée d’exercices pratiques et ludiques afin que chacun (amateurs, artistes, professionnels ou simplement lecteurs passionés) puisse découvrir, non pas des recettes toutes faites, mais l’envie de se frotter à une pratique fabuleuse et revigorante de l’art de conter.» Attrayant, n’est-ce pas !?

 Toute personne qui manifeste un intérêt pour les lois de la narration, ne peut qu’être tentée par le présent ouvrage. D’autant qu’il se montre à la hauteur de ses promesses… Nous y sommes invités à endosser le rôle d’une petite souris, qui viendrait assister à des ateliers dits «de fantaisie». C’est-à-dire ouvrant à l’imaginaire, mettant en condition pour une bonne expression orale, et initiant enfin au métier spécifique de raconter… Pépito Matéo nous dévoile ici ses propres expériences de stage ou de «scène», en sa grande qualité de conteur et «maître d’atelier». Dont il a sorti moult méthodes et enseignements. Se trouvent à notre libre disposition, ainsi, divers exercices créatifs. Ceux-là mêmes auxquels sont soumis ses élèves-stagiaires… Comment stimuler l’esprit au travail d’imagination ? Comment bien maîtriser la structure d’une histoire ? Comment s’extérioriser pour mieux mettre en voix et en jeu ?

«Les hirondelles sont menteuses» par Anita Berchenko

A l’occasion d’une précédente critique, je faisais l’éloge appuyé du livre-papier. Allant à contre-sens des dernières innovations technologiques… Mais voici qu’à présent, je cède à l’esprit du temps. Ou juste en partie. M’étant enfin décidé, pour le dire autrement, à lire une œuvre numérique… Je livrerai donc ici mes quelques impressions sur ce nouveau format. Cela sans occulter, ce qui serait bien injuste au regard de ses qualités, ce plaisant recueil de nouvelles… «Les hirondelles sont menteuses.»

 «Ça pourrait être n’importe où… Il suffirait de modifier les paysages, les descriptions… Mais ça se passe au cœur du Lauragais.» Ainsi débute l’ouvrage. A travers un prologue qui plante le décor et agit comme une belle invitation. «On zoome encore un peu, et dans le viseur apparaît un village. Un assez gros village, presque une petite ville.» Et à cet appel du doigt, vous ne résisterez pas. Tant l’envie sera grande de découvrir ce lieu «riant de chaleur et de soleil». «Entre Montagne Noire et Pyrénées, à cheval sur Aude et Haute-Garonne (…) Où les accents occitans roulent de colline en colline et résonnent comme un vieux chant d’amour»… Mais prenons garde à tous ces charmes. Ce n’en est pas moins une région, nous avertit bien l’auteur, dans laquelle l’existence «n’est pas plus facile qu’ailleurs». En témoigne la vie de ses habitants. Ou plus précisément : certaines de ses habitantes…

Le jeu de l’ange, Carlos Ruiz Zafón

Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture : Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voie de l’Industrie. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu’il aime le plus au monde : écrire. En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d’autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours – et à laquelle le livre est secrètement dédié – va épouser Pedro Vidal. Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer un texte fondateur, sorte de nouvelle Bible,  » une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme « . Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l’espace.

Début de mon intervention lors d’un colloque sur l’autofiction à l’ENS à Paris le 12 mars dernier…

Expérience de l’écriture ou écriture de l’expérience

C’est curieux, je suis ici un peu par hasard, je ne vous connais pas et pourtant je vais me dévoiler, m’exposer, me révéler du moins en partie. Lorsque Isabelle Grell m’a proposé de participer à cette aventure, j’ai d’abord pensé que ce colloque, ce serait différentes personnes venues se mettre en partie à nu devant des inconnus. Ce qui m’a d’ailleurs perturbé pendant un temps. Vous savez la fameuse image de l’écrivain solitaire refusant de parler de son travail, de révéler ses secrets – si secrets il y a. Mais après beaucoup de lecture et de recherche ceci m’a paru être cohérent, l’auto fiction n’est-elle pas une forme d’exhibitionnisme de l’esprit, voire de l’homme dans son intimité ? Même si je ne peux m’empêcher d’avoir cette impression bizarre et bien prétentieuse à la fois de faire du Eric Neirynck par Eric Neirynck.

Pastorale américaine de Philip Roth

Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture Après trente-six ans, Zuckerman l’écrivain retrouve Seymour Levov dit « le Suédois », l’athlète vedette de son lycée de Newark. Toujours aussi splendide, Levov l’invincible, le généreux, l’idole des années de guerre, le petit-fils d’immigrés juifs est devenu un Américain plus vrai que nature. Le Suédois a réussi sa vie, faisant prospérer la ganterie paternelle, épousant la très irlandaise Miss New jersey 1949, régnant loin de la ville sur une vieille demeure de pierre encadrée d’érables centenaires: la pastorale américaine. Mais la photo est incomplète. Hors champ, il y a Merry, la fille rebelle, et, avec elle surgit, dans cet enclos idyllique, le spectre d’une autre Amérique en pleine convulsion, celle des années soixante, de sainte Angela Davis, des rues de Newark à feu et à sang…

J’adore Philip Roth. Sans être mon écrivain préféré, j’ai toujours un immense plaisir à me replonger dans son univers. Aussi, ses romans se complètent bien. Ils forment un tout cohérent. On peut en lire un seul mais notre plaisir de lecture s’en retrouve diminué. Vaut mieux lire quelques romans pour bien l’apprécier.